Avril 2011

Imprimeries Rossel à Nivelles le 27 avril 2011

La troisième et dernière journée consacrée aux rencontres annuelles avec les enseignants actifs dans l’opération « Ouvrir mon Quotidien » se déroulait à Nivelles et plus particulièrement dans les infrastructures de « Rossel Printing Company ».

La matinée était consacrée aux personnes relais du secondaire et l’après-midi était quant à elle consacrée aux instituteurs et institutrices de 6ème année.

Comme pour les précédentes éditions, ce fut l’occasion pour Michel Siklosi de présenter les nouveaux outils disponibles et édités par les « Journaux francophones belges ». Le Journal de Bord fraichement édité fut ainsi distribué à chaque participant.

Jean-François Dumont présenta ensuite les nouveaux outils pédagogiques réalisés par « l’Association des Journaux francophones belges » en ce, notamment le DVD présentant les médias d’information en Belgique et le métier de journaliste au travers de toutes ses facettes.

Ensuite, Jean Wouters, Directeur du concept artistique et des ventes présenta les Editions Rossel de manière complète :

  • le Groupe Rossel fut fondé en 1887
  • il s’agit d’un éditeur industriel, en quelque sorte un organisme qui réalise à la fois le contenu des journaux et qui en assure l’édition quotidienne
  • Cette entreprise dont le chiffre d’affaire avoisine les 500.000.000 € est une entreprise familiale qui compte pas moins de 3.500 collaborateurs directs et indirects.
  • Depuis quelques années, dans un souci de diversification, le groupe édite également des journaux issus du Nord de la France
  • Cela représente 1.000.000 de journaux au quotidien avec un lectorat évalué à 3.500.000 lecteurs par jour.
  • Depuis plusieurs années, le Groupe Rossel s’est également spécialisé dans la presse en ligne et aujourd’hui compte pas moins de 613.285 internautes visiteurs par jour.
  • Le défi auquel le Groupe Rossel s’est attaché consiste à veiller à un juste équilibre entre le multimédia et la presse papier. Le gros investissement que le Groupe a consenti en 2005 pour la construction des rotatives de la « Rossel Printing Company » témoigne de l’importance que le Groupe apporte et apportera encore longtemps à la presse sur support papier.
  • 2010 a marqué un tournant dans la presse en ligne du Groupe car elle génère de nouvelles recettes. Le Groupe veille, via des sites comme celui de « Le Soir », à rendre la presse papier plus attractive encore.
  • Les rotatives de la « Rossel Printing Company » sont en fait 3 imprimeries rassemblées en un même site. Il s’agit d’un outil ultramoderne dont le coût de construction et d’équipement se chiffre à 65.000.000 €. 160 personnes y travaillent et produisent en tout 5.000.000 de quotidiens et périodiques par semaine.
  • Situé à proximité des axes autoroutiers, ce site concentre principalement son activité sur la production logistique de nuit :
    • 300.000 exemplaires sont produits sur les 3 rotatives simultanément chaque nuit, ce qui représente en tout et pour tout 20 éditions par jour : 6 pour « Le Soir » et 14 pour le « Groupe Sudpresse ».
    • Le temps de stockage est quasi nul, c'est-à-dire que les journaux sont acheminés dès sortie des rotatives vers 4.000 points de vente, ce qui représente 65 transports par nuit à bord de semi-remorques ou de camionnettes, soit 6.000 km par jour.
  • le grand défi de ce genre d’entreprise est de gérer le temps avec la plus grande parcimonie. Ainsi, les éditions les plus lointaines (Province de Luxembourg et étranger) sont éditées en priorité, viennent ensuite les autres provinces en fonction de leur éloignement du site.
  • Un accord a été passé avec La Poste afin que les journaux puissent être livrés aux abonnés tous les matins au plus tard pour 7h30. Un dépôt de La Poste a été aménagé au sein de la « Rossel Printing Company » afin de couvrir la région de Bruxelles et le Brabant wallon.
  • La gestion du temps est un facteur primordial pour ce type d’entreprise et un respect strict des plannings s’impose. Chaque nuit est différente de la précédente. Les rédactions envoient leurs productions au fur et à mesure et dans certains cas où l’actualité impose de repousser au maximum le bouclage de l’édition contraint l’entreprise à adapter constamment ses plannings. Il s’agit là d’un nouveau défi chaque jour, ou plutôt chaque nuit.
  • Le lecteur ne se rend pas toujours compte du travail en amont qu’ont représenté la rédaction et la production du quotidien qu’il tient en main. Une visite comme celle proposée ici permet de mieux se rendre à l’évidence qu’un quotidien est avant tout un travail d’équipe nécessitant rigueur, professionnalisme et rapidité.

Débat :

Monsieur Wouters s’est bien gentiment proposé de répondre aux questions des enseignants et qui portaient sur les domaines suivants :

  • L’Agence des Messageries de la Presse est active dans la distribution des journaux. Un accord est intervenu avec elle et le Groupe Rossel afin que la distribution des journaux se fasse de manière la plus rapide et la plus pragmatique possible.
  • Chaque jour, une partie des journaux tirée sera invendue. Un groupe d’expert analyse en permanence le taux des invendus par édition de manière à éviter tout gaspillage mais en veillant toutefois à ce que les kiosques soient approvisionnés de manière permanente. Le pourcentage des invendus tourne autour des 15%. Les journaux sont recyclés et permettront d’en fabriquer d’autres par la suite. Monsieur Wouters a fait remarquer que les journaux pour lesquels le taux d’abonnement est important (La Libre Belgique) ou à caractère régionaux (Groupe Sudpresse) totalisent le moins d’invendus de toutes les éditions.
  • Métro est imprimé par « Rossel Printing Company ». C’est un des quotidiens gratuits. M. Wouters estime que la presse gratuite ne porte pas vraiment ombrage aux journaux payants car sa ligne éditoriale est très différente et s’adresse principalement à un public de navetteur qui n’ont pas nécessairement le temps de lire de longs articles de fond durant les trajets et qui trouvent dans ces articles courts résumant l’actualité suffisamment d’information pour se tenir au courant des nouvelles. Ces mêmes navetteurs achètent souvent des quotidiens afin de poursuivre leur lecture de manière plus complète au travers de chroniques ou de dossiers plus explicites portant sur les mêmes événements et news. Il estime aussi que la presse gratuite a permis depuis quelques années aux jeunes lecteurs de se réhabituer à manipuler la presse papier et à lui apporter un certain intérêt. On ne peut donc pas parler de concurrence déloyale par rapport aux journaux payants.

Vint ensuite la visite des lieux.

L’approvisionnement en papier est entièrement automatisé. Des robots téléguidés par GPS alimentent à la fois les endroits de stockage et acheminent automatiquement les rouleaux de papier vers les rotatives qui se trouvent à l’étage supérieur. Tout cela est géré par un ordinateur central qui évalue en permanence les stocks et prépare les commandes de papier à effectuer. Le papier provient de différents pays exportateurs et est constitué à 90% de papier recyclé.

Les bobines représentent des tonnes de papier et peuvent aller jusqu’à 30 km de long, ce qui est impressionnant. Une bobine suffit à l’impression de 25.000 à 30.000 journaux. Les rouleaux sont manutentionnés par des spécialistes avant d’être placés sur les rotatives. Le travail d’impression peut alors commencer. Les articles sont imprimés sur des plaques qui, elles mêmes, disposent l’encre sur des rouleaux de caoutchouc lesquels entreront en contact avec le papier. Chaque plaque représente une des quatre couleurs fondamentales.

Ensuite, les journaux seront découpés, pliés et acheminés automatiquement jusqu’à la salle d’encartage pour enfin aboutir à l’endroit d’expédition où ils seront conditionnés en fonction du nombre désiré.

Des spécialistes contrôlent en permanence la qualité d’impression et règlent à distance ces énormes machines qui ronronnent une bonne partie de la nuit.



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